
S'entraîner pour la vraie vie
Quand on me demande comment je m’entraîne, la réponse surprend souvent. Les gens s’attendent à ce que je nomme une discipline. Je ne suis ni bodybuilder, ni triathlète, ni traileur, ni powerlifter. Je m’entraîne pour la vraie vie. Autrement dit : je construis ma pratique à partir des besoins réels de mon corps, pas à partir d’une discipline qui m’imposerait ses codes. Et c’est souvent à ce moment-là que la conversation devient intéressante.
Une préparation physique générale, pour de vrai
Concrètement, ma routine couvre quatre axes : la force, la capacité cardiovasculaire, la mobilité et la longévité. Ce n’est pas un menu que j’ai choisi par goût, c’est ce dont un corps humain a besoin pour fonctionner correctement. La force et la masse musculaire, la composition corporelle, la capacité du cœur et des poumons, l’amplitude articulaire. Retirez-en un et vous créez un point faible qui finira par vous limiter.
J’explore des disciplines variées, et j’y prends du plaisir. Mais ce qui tient l’ensemble, c’est le travail de fond : une préparation physique générale destinée à rendre mon corps prêt, avec le moins de failles possible. Les disciplines viennent par-dessus. C’est le socle qui compte.
Et ce socle, il est quasiment introuvable dans l’offre sportive à Manosque et dans les environs. D’un côté, des clubs de spécialisation qui vous demandent de choisir votre camp dès le premier jour. De l’autre, de l’exercice physique vague, sans direction ni progression réelle. Entre les deux, il n’y a presque rien. C’est précisément là que je me situe : s’entraîner concrètement, pour un résultat qui sert votre quotidien et, si besoin, votre discipline sportive.
Renoncer aux standards des autres
C’est ici que beaucoup bloquent. Les charges de référence, les temps à battre, les niveaux à valider : tout un système de comparaison qui décide à votre place si vous êtes bon ou mauvais. Et se comparer, c’est confortable. Ça donne un cadre, une place dans un classement, une raison de se sentir légitime ou pas.
Je ne me compare plus. Je fonctionne au thermostat intérieur : comment je me sens, ce que je suis capable de faire aujourd’hui, ce que je veux être capable de faire dans dix ans. Évidemment que je serai moins bon dans chaque discipline qu’un spécialiste. Mais comme je ne joue pas sur son terrain, je n’ai rien à y perdre, et tout à y gagner puisque je développe l’ensemble de mes capacités au lieu d’une seule. J’ai déjà écrit que ce sont nos points faibles qui nous définissent : c’est exactement ce qui se joue ici.
Le socle d’abord, la suite vous appartient
C’est exactement ce que mes élèves viennent chercher au Manosque Training Club : cette base de fiabilité. Un corps sans failles majeures, capable de répondre présent.
Une fois ce socle construit, deux chemins s’ouvrent. Certains veulent aller vers une spécialisation qui les attire : la course, la randonnée en montagne, la musculation, un défi précis. Je peux les y guider, ou les laisser voler de leurs propres ailes. Ils sont prêts à l’aborder avec aisance et sans risque, ce qui n’est pas le cas quand on démarre une discipline sur un corps qui n’a pas de fondations.
D’autres choisissent simplement de rester sur ce travail de fond. Et c’est un choix parfaitement valable : cette base suffit à la santé globale et à la longévité, en autonomie. Il n’y a rien à prouver au-delà.
Ce n’est pas non plus une question de niveau de départ. Il ne s’agit pas d’atteindre un standard extérieur, mais de définir un socle de pratiques que vous tenez quoi qu’il arrive, et de le rendre progressivement plus exigeant à mesure que vos capacités augmentent. La logique reste la même du débutant au pratiquant avancé ; seule la difficulté change.
S’entraîner pour bien vieillir
Il y a un deuxième bénéfice, moins visible et plus important. Développer ses capacités physiques, c’est de la prévention. C’est mettre les chances de son côté pour bien vieillir.
Notre système de santé ne fait pas ça. Il soigne, il traite la douleur, il vous accompagne une fois le problème installé. La prévention n’y a quasiment pas de place, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : personne n’a d’intérêt économique à ce que vous n’ayez besoin de rien. Décider de développer ses capacités physiques, c’est donc un choix souverain. Ça coûte un peu plus d’énergie que de payer une mutuelle au cas où, et ça ne garantit rien à 100 %. Il y a des maladies, des accidents, des choses inscrites dans nos gènes. Mais c’est prendre un engagement avec soi-même plutôt que de s’en remettre à d’autres.
Le plus intéressant, c’est que ce pari sur le long terme paie immédiatement. Comme je l’écrivais à propos du temps long, miser sur la durée finit toujours par gagner. Je me sens bien toute la semaine, disponible pour mon travail, pour mes objectifs, pour mes enfants. Et je sais que le jour où les choses se calmeront professionnellement, je serai encore capable d’en profiter. Ce serait dommage d’attendre ce moment-là pour découvrir qu’on ne peut plus rien faire. C’est pourtant ce qui arrive à la plupart des gens.
Un corps qui vous suit partout
S’entraîner de cette façon permet de se lancer dans des défis de tous types. Pas pour les gagner, pas pour être particulièrement bon : pour les terminer dans de bonnes conditions. Une randonnée en montagne, une course avec des amis, un déménagement, une journée de jardinage, du temps passé au sol avec ses enfants. La capacité d’aller partout sans avoir à se demander si le corps suivra.
C’est ça, l’entraînement idéal, pour moi : une pratique qui me ressemble, qui sert ma vie de tous les jours, et qui mise sur moi à long terme.


