La volonté ne suffit pas

L’autre jour, je discutais avec un membre du Manosque Training Club. JP a 76 ans, il s’entraîne au club depuis 3 mois maintenant. D’abord réticent à l’exercice physique, jugeant cela chronophage et pas forcément « utile », il a compris que s’entraîner régulièrement n’est pas juste utile, mais nécessaire.
C’est précisément le phénomène que j’observe régulièrement et que j’ai vécu moi-même : lorsqu’on est complètement sédentaire, on ne réalise pas à quel point prendre soin de soi est important. On essaie de « faire attention » à la nourriture, éventuellement de marcher un peu, mais c’est loin d’être suffisant pour s’assurer une bonne condition physique, et donc un quotidien agréable, peu importe notre âge.
Il faut donc, comme me le disait JP, compter sur la volonté, ou comme certains l’appellent, « la motivation ».
Je suis d’accord avec ça, car il faut bien un moteur pour décider de commencer. Et c’est là que la plupart échouent. Ils se motivent et se lancent dans des activités comme la course à pied, les cours collectifs ou la musculation en salle, sans réel projet, sans suivi, et s’entraînent finalement au hasard.
Le problème avec cette façon de faire, c’est que la désorganisation ne fournit pas de résultats. Et sans résultats concrets, obtenus par la construction d’une réelle stratégie telle que je la propose au MTC à travers les séances personnalisées, la volonté disparaît, et nous voilà à nouveau au point de départ, à nous inventer telle ou telle histoire pour éviter d’observer la réalité en face : nous nous y sommes mal pris. Comme le disait Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Le point important que je voulais partager dans cet article arrive maintenant. La volonté est essentielle pour commencer, mais c’est le constat par notre cerveau d’un résultat « positif » qui va ancrer votre nouvelle pratique comme normale. Lorsque s’entraîner devient tellement logique — et oui, pourquoi vous priver de bénéfices aussi énormes pour votre qualité de vie —, lorsque cela fait partie de votre identité, « je suis quelqu’un qui prend soin de moi », vous n’avez plus jamais besoin de volonté : vous faites le job, car c’est beaucoup trop important pour vous en passer.
C’est ce que m’a confié JP à la fin de notre discussion : « C’est fou ce que ça fait du bien, je n’arrêterai plus jamais, on ne se rend pas compte. » C’est ce que je me suis dit moi-même en reprenant le contrôle de mon corps à l’âge de 33 ans. Et c’est exactement pour ça que j’ai fondé le Manosque Training Club : aider les manosquins à developper une pratique physique qui leur ressemble et qui s’inscrit dans le temps. Il n’est jamais trop tard pour prendre soin de nous, l’essentiel étant de commencer avec le meilleur accompagnement possible et dans les meilleures conditions pour s’assurer de passer le stade de la volonté et ancrer cette nouvelle habitude dans notre vie.
— Hugo


